Roger-Bernard III de Foix
Comte de Foix (1265 - 1302)
Vicomte de Béarn (1290 -1302)
oger-Bernard
III se heurta de plein fouet à la volonté
des Rois de France désireux de faire reconnaitre
leur autorité dans tout le Midi de la France.
Ainsi, en 1272, Roger-Bernard III de Foix s'était
ligué avec le Comte Géraud V d'Armagnac
contre le Seigneur de Sompuy. Ce dernier, devant la
menace, se placa sous la protection du Roi Philippe
III le Hardi. Les Comtes de Foix et d'Armagnac passèrent
outre l'interdiction royale de guerroyer. Or le Hardi
était justement dans le Languedoc (pour hériter
de tous les domaines de son oncle le Comte de Poitiers)
et s'était promis de châtier celui qui
mépriserait son autorité. Il fallait faire
un exemple. Ce fût Roger-Bernard III de Foix qui
en fit les frais puisque, cité à comparaître
devant le Roi, il ne se présenta point. Le sénéchal
de Toulouse reçut l'ordre royal de se saisir
du Comte rebelle qui se refugia en son château
de Foix.
Le Roi vint alors en personne,
à la tête d'une puissante armée.
Le Roi d'Aragon Jaime Ier tenta de négocier
la paix (Le Comte de Foix venait en effet de se placer
sous la protection de ce Roi.) mais Roger-Bernard III
trouva les conditions trop dures. Les troupes de Roi
de France assiégèrent donc le château
de Foix (3 juin 1272). Avec la sape de l'assise rocheuse
de la citadelle, le Comte de Foix se rendit (5 juin
1272) et fut emmené garroté dans une geolle
de Carcassonne. Philippe le Hardi prit possession du
château de Foix mais le Roi d'Aragon refusa de
livrer les places de la haute ariège, causant
ainsi un début de conflit entre France et Aragon.
Le Roi Jaimes d'Aragon ne livra les châteaux réclamés
que le 8 février 1273, abandonnant ainsi ses
prétentions sur ces terres. Quant au Comte de
Foix, il ne fut libéré que vers la fin
de l'an 1273 ; il rendit hommage au Roi de France qui
lui rendit une partie de ses biens. Par la suite, Roger-Bernard
III suivit fidèlement le Roi Philippe III de
France qui le reconnut parmi ses plus loyaux et fidèles
vassaux (décembre 1277).
D'ailleurs, Roger-Bernard III
de Foix fut impliqué dans la guerre de succession
du Trône de Navarre (dont la Couronne tombait
en quenouille). Il y avait d'un côté le
parti aragonais et de l'autre le parti français.
Les troupes du Roi de France, dont était le Comte
de Foix, envahirent la Navarre (septembre 1276) et prirent
la capitale Pampelune pour la mettre à sac, à
feu et à sang. En récompense, le Roi de
France restitua au Comte de Foix le reste de ses biens
(ceux au sud du Pas de La Barre). Dès lors, ce
Comte de Foix, comme tous ses successeurs, ne reconnurent
plus l'autorité du Roi d'Aragon pour leurs domaines
situé au nord des Pyrénées.
Roger-Bernard III de Foix négocia
avec l'Evêque d'Urgell au sujet de l'Andorre pour
éteindre la vieille querelle sur ces terres.
Grâce à des médiateurs, un accord
fut conclut (8 septembre 1278) donnant naissance à
un paréage. L'Andorre devint ainsi une co-seigneurie
entre l'Evêque d'Urgell et le Comte de Foix. Il
n'y plus jamais de tension. Ce paréage fut légèrement
modifié en 1278.
Au printemps 1280, Roger-Bernard
III mena une coalition de seigneurs catalans contre
le Roi Pierre III d'Aragon. Assiégé dans
le château de Balaguer, le Comte de Foix dut se
rendre (22 juillet 1280) au Roi d'Aragon qui l'enferma
sévèrement. Clin d'oeil historique, ce
fut le Roi de France Philippe III le Hardi qui se préoccupa
du Comte de Foix. Entretemps, le Roi Philippe III s'était
assuré de la sécurité des possessions
fuxéennes.
L'Affaire de Sicile avait éclaté
(Vêpres Sicilienne du 31 mars 1282 contre les
Angevins) où le Roi Pierre III d'Aragon était
acteur. Puisqu'il tentait d'évincer du Trone
de Sicile Charles Ier d'Anjou (frère
de Saint Louis), favori du pape, le Roi d'Aragon avait
été excommunié, sa Couronne proclamée
vacante et proposée au Roi de France. Qui accepta.
Menacé, Pierre III d'Aragon devait compter et
mobilisé ses vassaux. Mais aussi se ralier le
Comte de Foix qui fut libéré en décembre
1283 contre l'extorsion de l'abandon de la Vicomté
de castelbon. Engagement nul car extorqué de
force par un excommunié, Roger-Bernard III de
Foix se rangea immédiatement au côté
du Roi de France dans sa "Croisade d'Aragon".
Elne fut prise (25 mai 1285) puis Gérone qui
capitula (7 septembre 1285) après un long siège.
Les négociations de la capitulations avaient
été faites par le Comte de Foix et Raimond-Roger
(frère du Comte de Pallars-Sobirà), un
des principaux capitaine de Pierre III d'Aragon. Cependant,
la flotte française avait été défaite
tandis que la maladie et la famine décimaient
les troupes françaises qui durent donc se replier.
Le Roi Philippe III le hardi mourrut à Perpignan
(5 octobre 1285) suivit de près par le Roi Pierre
III (11 novembre 1285). Cette mort très rapide
sauva le Comte de Foix de la fureur du Roi d'Aragon.
En 1290, le Comte de Foix tenta
d'empêcher que les sénéchaux de
Toulouse et Carcassonne interviennent dans les affaires
du Comté (justice, taxes diverses ..etc...).
Ces fonctionnaires royaux tentaient de récupérer
pour le Roi le pouvoir que leurs prédecesseurs
avaient laissé échapper. Cette nouveauté
était difficile à admettre après
un si longue habitude d'indépendance réelle.
Devant le refus d'obéïssance, le Roi de
France Philippe IV le Bel confisqua deux châteaux
(1290) mais nomma (en 1295) le Comte de Foix Gouverneur
de Gascogne. Cependant, le Roi Philippe IV le Bel ordonna
au Sénéchal de Carcassonne de cesser ses
abus d'autorités (1293) à l'encontre du
Comte de Foix.
En 1252, Roger-Bernard III de Foix
avait épousé Marguerite de Moncade, fille
du Vicomte Gaston VII de Béarn. Selon les volontés
du Vicomte, Marguerite dévait hériter
de ses biens. Tout le monde fut d'accord sauf Mathe,
soeur de marguerite et épouse du Comte Géraud
V d'Armagnac. Puis le Vicomte changeant d'avis, une
autre fille fut désignée Guillemette (ou
Guillema) ; Mathe refusait toujours ! Le Vicomte de
Béarn Gaston VII mourrut en 1290 et Roger-Bernard
III de Foix s'assura immédiatement de la possession
du Béarn (mai 1290). Dès lors, les Comtes
de Foix se nommèrent Foix-Béarn et portèrent
également les armes de cette Vicomté.
Curieusement, le Comte d'Armagnac ne contesta cet héritage
de la Vicomté de Béarn (au nom de sa femme
Mathe) qu'en 1293. Débuta donc une longue guerre
entre les deux Maisons de Foix-Béarn et d'Armagnac
qui ne cesserait qu'avec le Comte Gaston III Febus (1377).
De temps à autre, les Rois de France trancheraient
en faveur de l'un ou de l'autre camps.
En 1295, la guerre entre les Rois de France et d'Angleterre
reprit. Le Comte de Foix s'y illustra bien que les officiers
royaux taxaient (pour financer la guerre) les sujets
de Roger-Bernard III de Foix contre sa volonté.
Ainsi, le Sénéchal de Carcassonne reçut
l'ordre (29 avril 1295) de rendre les places séquestrées
depuis 1290. En marque de reconnaissance et de paiement,
d'autres places furent données au Comte de Foix
(juillet 1295, 1298) par le Roi Philippe IV le Bel.
L'Affaire Bernard Saisset, Evêque de Pamiers,
accusé par le Roi Philippe IV le Bel de conspiré
contre lui et de proner l'indépendance du Languedoc,
toucha le Comte de Foix. C'est ce dernier qui informa
indirectement le Roi de France. Pour résumer,
Bernard Saisset tentait de pousser Roger-Bernard III
de Foix à prendre la tête des toulousains
révoltés contre le Roi Philippe IV le
Bel afin d'en devenir leur Roi. Ceci était sans
doute un piège puisque le Comte était
en procés avec l'Evêque. Mais, démasqué,
l'Evêque créa un très grave incident
entre le Roi de France et le Pape Boniface VIII ; l'Evêque
dut s'exiler à Rome. Le Gallicanisme naquit.
Guillema de Moncade donna l'esentiel de ses domaines
catalans au Roi Jaime II d'Aragon (avril 1300). Voulant
s'y opposer, Roger-Bernard III se mit à la tête
d'une forte troupe mais avant de passer le col de Puymaurens,
décéda à Tarascon(-sur-Ariège)
le 3 mars 1302. Sa dépouille fut inhumée
en l'abbaye de Boulbonne, auprès de ses ancètres.
Comte querelleur (des deux côtés de Pyrénées),
souvent près de perdre ses domaines, emprisonné
5 ans de sa vie, il s'opposa souvent aux Rois d'Aragon
et de France. Mais s'il se brouilla définitivement
avec le Roi d'Aragon, il suivit ensuite fidèlement
le parti du Roi de France même si cela ne fut
pas facile. Car le Comte dut défendre bec et
ongles ses droits et prérogatives (justice, exploitation
de mines, fiscalité) en son haut Comté
de Foix fâce à la volonté inverse
du Roi.
Ce fut son fils Gaston Ier qui
lui succéda.
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