Foix
Histoire des Comtes de Foix Foix  


PLAN
| NOUVEAUTES | CONTACT | LIENS

   
 
Les Comtes Les Fiefs Généalogie Blasons Dates Annexes Lexique Index alphabétique  
Origines
> Carcassonne
 
1012 - 1302
> Envol
 
> Nord contre Sud
 
> Les Rois de France
 
VIII
-
Roger IV
IX
-
Roger-Bernard III
1302 - 1472
> Fin de la 1e Dynastie
 
> Les Foix - Grailly
 
1472 - 1607
> La Navarre
 
> Guerres de Religion
 
Liste détaillée
> Liste détaillee

Roger-Bernard III de Foix
Comte de Foix (1265 - 1302)
Vicomte de Béarn (1290 -1302)

Roger-Bernard III se heurta de plein fouet à la volonté des Rois de France désireux de faire reconnaitre leur autorité dans tout le Midi de la France. Ainsi, en 1272, Roger-Bernard III de Foix s'était ligué avec le Comte Géraud V d'Armagnac contre le Seigneur de Sompuy. Ce dernier, devant la menace, se placa sous la protection du Roi Philippe III le Hardi. Les Comtes de Foix et d'Armagnac passèrent outre l'interdiction royale de guerroyer. Or le Hardi était justement dans le Languedoc (pour hériter de tous les domaines de son oncle le Comte de Poitiers) et s'était promis de châtier celui qui mépriserait son autorité. Il fallait faire un exemple. Ce fût Roger-Bernard III de Foix qui en fit les frais puisque, cité à comparaître devant le Roi, il ne se présenta point. Le sénéchal de Toulouse reçut l'ordre royal de se saisir du Comte rebelle qui se refugia en son château de Foix.

Le Roi vint alors en personne, à la tête d'une puissante armée. Le Roi d'Aragon Jaime Ier tenta de négocier la paix (Le Comte de Foix venait en effet de se placer sous la protection de ce Roi.) mais Roger-Bernard III trouva les conditions trop dures. Les troupes de Roi de France assiégèrent donc le château de Foix (3 juin 1272). Avec la sape de l'assise rocheuse de la citadelle, le Comte de Foix se rendit (5 juin 1272) et fut emmené garroté dans une geolle de Carcassonne. Philippe le Hardi prit possession du château de Foix mais le Roi d'Aragon refusa de livrer les places de la haute ariège, causant ainsi un début de conflit entre France et Aragon. Le Roi Jaimes d'Aragon ne livra les châteaux réclamés que le 8 février 1273, abandonnant ainsi ses prétentions sur ces terres. Quant au Comte de Foix, il ne fut libéré que vers la fin de l'an 1273 ; il rendit hommage au Roi de France qui lui rendit une partie de ses biens. Par la suite, Roger-Bernard III suivit fidèlement le Roi Philippe III de France qui le reconnut parmi ses plus loyaux et fidèles vassaux (décembre 1277).

D'ailleurs, Roger-Bernard III de Foix fut impliqué dans la guerre de succession du Trône de Navarre (dont la Couronne tombait en quenouille). Il y avait d'un côté le parti aragonais et de l'autre le parti français. Les troupes du Roi de France, dont était le Comte de Foix, envahirent la Navarre (septembre 1276) et prirent la capitale Pampelune pour la mettre à sac, à feu et à sang. En récompense, le Roi de France restitua au Comte de Foix le reste de ses biens (ceux au sud du Pas de La Barre). Dès lors, ce Comte de Foix, comme tous ses successeurs, ne reconnurent plus l'autorité du Roi d'Aragon pour leurs domaines situé au nord des Pyrénées.

Roger-Bernard III de Foix négocia avec l'Evêque d'Urgell au sujet de l'Andorre pour éteindre la vieille querelle sur ces terres. Grâce à des médiateurs, un accord fut conclut (8 septembre 1278) donnant naissance à un paréage. L'Andorre devint ainsi une co-seigneurie entre l'Evêque d'Urgell et le Comte de Foix. Il n'y plus jamais de tension. Ce paréage fut légèrement modifié en 1278.

Au printemps 1280, Roger-Bernard III mena une coalition de seigneurs catalans contre le Roi Pierre III d'Aragon. Assiégé dans le château de Balaguer, le Comte de Foix dut se rendre (22 juillet 1280) au Roi d'Aragon qui l'enferma sévèrement. Clin d'oeil historique, ce fut le Roi de France Philippe III le Hardi qui se préoccupa du Comte de Foix. Entretemps, le Roi Philippe III s'était assuré de la sécurité des possessions fuxéennes.

L'Affaire de Sicile avait éclaté (Vêpres Sicilienne du 31 mars 1282 contre les Angevins) où le Roi Pierre III d'Aragon était acteur. Puisqu'il tentait d'évincer du Trone de Sicile Charles Ier d'Anjou (frère de Saint Louis), favori du pape, le Roi d'Aragon avait été excommunié, sa Couronne proclamée vacante et proposée au Roi de France. Qui accepta. Menacé, Pierre III d'Aragon devait compter et mobilisé ses vassaux. Mais aussi se ralier le Comte de Foix qui fut libéré en décembre 1283 contre l'extorsion de l'abandon de la Vicomté de castelbon. Engagement nul car extorqué de force par un excommunié, Roger-Bernard III de Foix se rangea immédiatement au côté du Roi de France dans sa "Croisade d'Aragon". Elne fut prise (25 mai 1285) puis Gérone qui capitula (7 septembre 1285) après un long siège. Les négociations de la capitulations avaient été faites par le Comte de Foix et Raimond-Roger (frère du Comte de Pallars-Sobirà), un des principaux capitaine de Pierre III d'Aragon. Cependant, la flotte française avait été défaite tandis que la maladie et la famine décimaient les troupes françaises qui durent donc se replier. Le Roi Philippe III le hardi mourrut à Perpignan (5 octobre 1285) suivit de près par le Roi Pierre III (11 novembre 1285). Cette mort très rapide sauva le Comte de Foix de la fureur du Roi d'Aragon.

En 1290, le Comte de Foix tenta d'empêcher que les sénéchaux de Toulouse et Carcassonne interviennent dans les affaires du Comté (justice, taxes diverses ..etc...). Ces fonctionnaires royaux tentaient de récupérer pour le Roi le pouvoir que leurs prédecesseurs avaient laissé échapper. Cette nouveauté était difficile à admettre après un si longue habitude d'indépendance réelle. Devant le refus d'obéïssance, le Roi de France Philippe IV le Bel confisqua deux châteaux (1290) mais nomma (en 1295) le Comte de Foix Gouverneur de Gascogne. Cependant, le Roi Philippe IV le Bel ordonna au Sénéchal de Carcassonne de cesser ses abus d'autorités (1293) à l'encontre du Comte de Foix.

En 1252, Roger-Bernard III de Foix avait épousé Marguerite de Moncade, fille du Vicomte Gaston VII de Béarn. Selon les volontés du Vicomte, Marguerite dévait hériter de ses biens. Tout le monde fut d'accord sauf Mathe, soeur de marguerite et épouse du Comte Géraud V d'Armagnac. Puis le Vicomte changeant d'avis, une autre fille fut désignée Guillemette (ou Guillema) ; Mathe refusait toujours ! Le Vicomte de Béarn Gaston VII mourrut en 1290 et Roger-Bernard III de Foix s'assura immédiatement de la possession du Béarn (mai 1290). Dès lors, les Comtes de Foix se nommèrent Foix-Béarn et portèrent également les armes de cette Vicomté. Curieusement, le Comte d'Armagnac ne contesta cet héritage de la Vicomté de Béarn (au nom de sa femme Mathe) qu'en 1293. Débuta donc une longue guerre entre les deux Maisons de Foix-Béarn et d'Armagnac qui ne cesserait qu'avec le Comte Gaston III Febus (1377). De temps à autre, les Rois de France trancheraient en faveur de l'un ou de l'autre camps.

En 1295, la guerre entre les Rois de France et d'Angleterre reprit. Le Comte de Foix s'y illustra bien que les officiers royaux taxaient (pour financer la guerre) les sujets de Roger-Bernard III de Foix contre sa volonté. Ainsi, le Sénéchal de Carcassonne reçut l'ordre (29 avril 1295) de rendre les places séquestrées depuis 1290. En marque de reconnaissance et de paiement, d'autres places furent données au Comte de Foix (juillet 1295, 1298) par le Roi Philippe IV le Bel.

L'Affaire Bernard Saisset, Evêque de Pamiers, accusé par le Roi Philippe IV le Bel de conspiré contre lui et de proner l'indépendance du Languedoc, toucha le Comte de Foix. C'est ce dernier qui informa indirectement le Roi de France. Pour résumer, Bernard Saisset tentait de pousser Roger-Bernard III de Foix à prendre la tête des toulousains révoltés contre le Roi Philippe IV le Bel afin d'en devenir leur Roi. Ceci était sans doute un piège puisque le Comte était en procés avec l'Evêque. Mais, démasqué, l'Evêque créa un très grave incident entre le Roi de France et le Pape Boniface VIII ; l'Evêque dut s'exiler à Rome. Le Gallicanisme naquit.

Guillema de Moncade donna l'esentiel de ses domaines catalans au Roi Jaime II d'Aragon (avril 1300). Voulant s'y opposer, Roger-Bernard III se mit à la tête d'une forte troupe mais avant de passer le col de Puymaurens, décéda à Tarascon(-sur-Ariège) le 3 mars 1302. Sa dépouille fut inhumée en l'abbaye de Boulbonne, auprès de ses ancètres.

Comte querelleur (des deux côtés de Pyrénées), souvent près de perdre ses domaines, emprisonné 5 ans de sa vie, il s'opposa souvent aux Rois d'Aragon et de France. Mais s'il se brouilla définitivement avec le Roi d'Aragon, il suivit ensuite fidèlement le parti du Roi de France même si cela ne fut pas facile. Car le Comte dut défendre bec et ongles ses droits et prérogatives (justice, exploitation de mines, fiscalité) en son haut Comté de Foix fâce à la volonté inverse du Roi.

Ce fut son fils Gaston Ier qui lui succéda.

Les Comtes | Les Fiefs | Généalogie | Blasons | Dates | Annexes | Lexique | Index | Plan | Nouveautés | Contact