Roger-Bernard II (1223 - 1241)
oger-Bernard
II de Foix s'était déjà illustré,
lors du règne de son père Raimond-Roger,
dans l'attaque du château de Montgrenier (1217)
qu'il défendit six semaines contre la fureur
de Simon de Montfort. Il fut très remarqué
pendant le siège de Toulouse (1217), la reprise
de Lavaur et de Puylaurens (1220). Il avait donc fortement
aidé son père à reconquérir
tous ses domaines, la reprise de Mirepoix étant
achevée par Roger-Bernard II.
A ce moment là, Amaury
de Montfort transféra tous les droits de son
père Simon au Roi de France Louis VIII tandis
que le Comte de Foix et celui de Toulouse, Raimond VII
(succédant aussi à son père Raimond
VI mort en 1223) assiégaient Carcassonne. Les
assiégés abandonnèrent (14 septembre
1224), signant par là l'echec de la Croisade
des Barons du Nord. Chacun fit officiellement la paix
avec l'Eglise.
Cependant, le Roi Louis VIII ne
voulait pas laisser passer l'occasion d'un si beau pretexte
pour rétablir ses droits dans le Midi. Des droits
volontairement oubliés par les féodaux
depuis la décadence carolingienne. Ce fut donc
une Croisade Royale (1226 à 1229). Pour ne pas
combattre le Roi, tous ceux (féodaux comme villes)
qui avaient soutenus les Comtes de Toulouse épaulé
par les Comtes de Foix firent défection ! Roger-Bernard
II de Foix alla trouver le Roi en Avignon pour négocier
mais le Roi refusa (1226). Alors, le Comte de Foix ne
pouvait que continuer le combat aux côtés
du Comte de Toulouse. Il mena la poche de résistance
de Limoux, avec un petit nombre d'autres féodaux
(juin 1226 à juin 1227). La guerre persévérait,
mais désormais sans âme solidaire, quelques
escarmouches isolées. Le Comte Raimond VII de
Toulouse abandonna la lutte en janvier 1229 (Traité
de Meaux) au profit de l'Eglise et du Roi Louis IX.
Isolé, excommunié (mars
ou avril 1227), une armée croisée en route
vers ses domaines, Roger-Bernard II de Foix prit les
devants et demanda la paix (juin 1229). Clause de réddition
non-dites, quelques places fortes de suretés
(dont Foix) durent être remise au vainqueur. Le
Comte de Foix récupérait sa part du paréage
de Pamiers, la place de Saverdun, quelques enclaves
de la région de Carcassonne, mais pas la seigneurie
de Mirepoix (donnée en fief à Gui de Lévis,
seigneur croisé).
Remarquons que si son père fut le premier seigneur
à contre-attaquer Simon de Montfort (Fanjeaux),
Roger-Bernard II de Foix fut le dernier à se
rendre.
Mais désormais, la Maison
de Foix pouvait tenter de s'aggrandir au sud des Pyrénées.
Désormais Vicomte de Castelbon (depuis 1226),
Roger-Bernard II de Foix fit construire des places fortes
pour contôler l'accés à la Seu d'Urgell
et à l'Andorre. Puis l'assise en Catalogne fut
renforcée par un double mariage entre les Maisons
de Foix et de Cardona. Le Comte de Foix affirma aussi
ses ambitions dans la vallée de Caboet, ce qui
provoqua des griefs de l'Evêque (mai 1233). Roger-Bernard
II osa aussi s'opposer à l'action de l'inquisition
en Catalogne et piller la Se d'Urgell, siège
de l'episcopat local (avril 1239), contre le Catharisme
mais se réconcilia avec l'Eglise peu avant sa
mort.
En 1240, lorsqu'éclata
la révolte des seigneurs faidits contre la puissance
Capétienne et l'Inquisition, menée par
l'héritier Trencavel (Raimond), le Comte Roger-Bernard
II de Foix se garda bien d'y prendre part. C'était
une guerre désespérée d'un temps
révolu. Par contre, le Comte de Foix, et celui
de Toulouse, négocia une reddition honorable
pour Trencavel.
Décédé en mai 1241, le Comte de
Foix fut inhumé en l'abbaye de Boulbonne et eut
pour héritier son fils, Roger
IV.
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