Raimond-Roger (1188 - 1223)
aimon-Roger
de Foix se revéla l'un des plus habiles capitaine
de son temp. Il chercha dans un
premier temp à accroître ses domaines sur
le versant sud des Pyrénées, en Catalogne.
Comportement religieux à priori contradictoire,
Raimon-Roger pilla (1196) le haut
Urgell et la Cerdagne, s'empara de la Seu d'Urgell (siège
de l'épiscopat local) et en pilla la cathédrale
(1198). Le but était de s'accaparer,avec Arnaud
de Castelbon, l'Andorre. Contradictoire car le Comte
de Foix assista (1199) à la consécration
de la nouvelle abbatiale de Boulbonne (abbaye où
reposaient ces ancêtres).
Signalons que Raimond-Roger de Foix est censé
(d'après certains) voir participé à
la 3e Croisade en Terre Sainte, au côté
du Roi Philippe II Auguste. Or les chroniqueurs de cette
Croisade ne mentionnent jamais ce Comte ! Qu'en penser
?
En 1201, le Comte de Foix eut
des démélés avec le Comte de Toulouse
Raimond VI qui venait de recevoir directement l'hommage
d'un vassal de Raimond-Roger au sujet de Saverdun. Or
un suzerain ne pouvait se recevoir d'hommage direct
d'un arrière-vassal. Ailleur ce fut le Comte
de Comminges qui disputa (jusqu'en 1209) la possession
du Volvestre au Comte de Foix.
Quand le Raimond-Roger de Foix
et Arnaud de Castelbon désirèrent unir
leurs héritiers, le Comte Ermengol VIII d'Urgell
et l'Evêque d'Urgell (Bernard de Villemur) virent
la menace et s'y opposèrent. Ce fut la guerre.
Vaincus et capturés, le Comte de Foix et Arnaud
furent incarcérés de février 1203
à septembre 1203. Le Roi Pierre II d'Aragon était
intervenu pour les faire relacher, désirant les
ménager dans le cadre de sa lutte pour conquérir
le Languedoc. D'ailleurs, le Roi Pierrre II donna en
fief les châteaux d'Usson et de Quérigut
(1209) au Comte de Foix, après avoir déjà
donné diverses autres seigneuries catalanes (1208).
Et ce fut le long et pénible
temps de la "Croisade contre le Catharisme".
Résumons ici l'essentiel. Raimond-Roger de Foix
a été soupçonné très
vite d'hérésie mais réussit à
se sortir haut la tête de ces accusations. D'autre
part, ce Comte était obligé d'agir comme
il l'a fait pour ne pas se couper de ses sujets et de
sa famille (sa femme a vraiment été hérétique).
Il a simplement fait preuve de tolérance sans
jamais franchir le pas. Du reste,
le cupide et arrogant Simon de Montfort n'a aucunement
lassé le choix en envahissant brutalement le
Comté. Car dès la prise de Carcassonne
(1209) et le Vicomte Trencavel remplacé par Simon
de Montfort, de réellement religieuse, cette
"croisade" est devenu guerre de conquête
féodale où l'Eglise profita de la menace
(appel par l'Abbé de Pamiers à ce que
Montfort se substitua au Comte de Foix dans la paréage,
en rancune des vieilles querelles).
Dès lors, le Comte de Foix
se souleva ouvertement contre les croisés et
soutint fidèlement son suzerain le Comte Raimond
VI de Toulouse. Remarquons que le nom de Raimond-Roger
est souvent cité dans la "Chanson des
Albigeois" (auteur anonyme). La guerre fut
longue, dure, cruelle comme toutes les autres. Il y
eut des hauts et des bas de part et d'autre, des commandements
de l'Eglise inadmissibles pour les féodaux du
Midi, des tentatives de paix aragonaises avortées.
En désespoir de cause, le Roi Pierre II d'Aragon
(qui tentait de se posait en médiateur avec l'arrière
idée de s'emparer à terme de tout le Languedoc)
finit par se ranger ouvertement aux côtés
des féodaux du Midi contre les Croisés.
Ce fut ainsi la célèbre bataille de Muret,
en 1213, où les Méridionnaux furent vaincus
et le Roi Pierre II d'Aragon tué au combat. Désormais,
la Croisade contre l'hérésie Cathare devint
une affaire purement française. En 1214, le Concile
de Montpellier ne put imposer la paix et l'affaire devint
une croisade royale (avec le futur Louis VIII). Le Concile
de Latran IV (novembre 1215) faillit terminer cette
guerre ; le Comte de Foix s'en sortait par un supplément
d'enquête.
Mais poussé à bout par la perfidie de
Simon de Monftort, la majorité des féodaux
méridionaux se soulevèrent à nouveaux
et entreprirent une magnifique campagne de reconquête
(de 1216 à 1224). Pour reprendre ses domaines
que Simon de Montfort refusait de rendre, malgrès
l'ordre de l'Eglise, Raimond-Roger de Foix fut donc
contraint de reprendre le combat. On le vit donc lors
du féroce siège de Toulouse (1217) (où
Simon de Montfort devait trouver la mort, la tête
arrachée par un boulet) entre autre.
Quand le Comte Raimond-Roger décéda (1223),
la "Croisade contre les Cathares" était
un échec et le Comte avit récupéré
tous ses domaines, à l'exception de Mirepoix
; il mourrut en faisant le siège de cette place
d'un ulcère.
De ce comte, descendent les seigneurs de Rabat (Maison
de Foix-Saverdun) par le biais de Loup de Foix, enfant
naturel. L'héritier de Raimond-Roger fut Roger-Bernard
II.
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