Roger III (1124 - 1148)
oger
III débuta son règne par un traité
de paix (31 mars 1125) avec le Vicomte Bernard-Aton
Trencavel. Etait-ce là le dénouement d'un
différent avec le Vicomte de Carcassonne ou simplement
la fin définitive des prétentions des
Comtes de Foix sur les Comtés de Carcassonne
et de Razès ? Les chroniqueurs ne mentionnent
pas alors de conflit. Quoi qu'il en fût, Roger
III et ses frères, cosignataires, renonçaient
à tous leurs droits sur les domaines du Vicomte
à l'exception de certains lieux (Arsens, Alayrac,
Preixan et Foncian). Plus tard, le décès
du Vicomte Bernard-Aton Trencavel (au début de
1130), entraîna un resserrement des liens entre
Foix et Trencavel puisque Roger III fît serment
cette même année aux deux aînés
de les protéger. Cela fût encore plus visible
avec le Vicomte de Carcassonne, Razès et Albi,
Roger de Béziers car chacun fît serment
d'entraide mutuelle envers et contre tous, excepté
contre le Comte de Toulouse, qui était donc bien
reconnu comme suzerain. Ce serment devait ultérieurement
être prêter par leurs enfants respectifs.
Puis le Comte Roger III de Foix
se trouva au sud des Pyrénées. Un conflit
avait éclaté entre Alphonse VII Roi de
Castille et Ramire, Roi d'Aragon. Tous deux étaient
cousins germains. Ramire n'avait qu'une fille, Pétronille,
et le Roi de Castille réclamait le Trône
d'Aragon. La paix fût négociée par
le Comte de Toulouse Alphonse-Jourdain, apparenté
au Roi de Castille, Raimond IV Béranger Comte
de Barcelone (qui devait épouser Pétronille),
les Comtes de Foix, de Pailhas, de Comminges, Guillaume
de Montpellier, et d'autre Seigneurs de France qui étaient
allés combattre les Musulmans en Espagne. Reconnaissant,
Alphonse VII de Castille combla de présents les
négociateurs.Le Roi de Castille se sortait ainsi
d'une guerre qui débutait mal pour lui mais ne
pût donc réunir à ses Etats l'Aragon.
Pour une plus grande sûreté du traité
(1134), les féodaux de France firent serment
à Alphonse VII de l'aider à ses domaines
mais sans cependant lui rendre hommage. Ensuite, tous
ses seigneurs allèrent à Léon assister
au sacre d'Alphonse VII (26 mai 1135).
En avril 1139, Roger III de Foix
et d'autres féodaux méridionaux protégèrent
activement l'abbaye de Lézat sèrieusement
malmenée par des attaques de brigands. On y battit
donc un château et une enceinte. Le Comte de Foix
abandonna des droits et domaines en faveur de l'abbaye.
De même, il avait fondé la commanderie
de la "Ville-Dieu" pour les Templiers. Il
eut cependant des relations tendues avec l'abbaye de
Saint-Volusien en lui enlevant certains droits.
Au cours de son règne,
le Comte de Foix se trouva mélé à
un assez grand conflit entre seigneurs du Midi. Tout
le monde se battait contre quelqu'un ! Les deux Maisons
de Toulouse et de Barcelone se disputaient la possession
du Languedoc. Le jeu des alliances placa Roger III de
Foix au côté du Comte Alphonse de Toulouse
contre les Comtes de Barcelone, Rodez, les Vicomtes
de Carcassonne, Béziers, Nîmes, Lautrec
et le Seigneur de Montpellier. Le Comte de Toulouse
fut contraint d'étendre la guerre contre le Comte
de Provence (frère du Comte de Barcelone) mais,
sans doute épuisé, dut lui-même
faire la paix (1143). Il fallut des arbitres pour y
parvenir !
Le Comte de Foix avait épousé en 1117
Chimène (ou Ximène), fille de Béranger,
Comte de Barcelone et Vicomte du Pays de Sault. De fait,
comprenons ce mariage comme une stratégie politique
du Comte de Barcelone pour éloigner la Maison
de Foix des Comtes de Toulouse. Rappelons que ces derniers
étaient les suzerains des Comtes de Foix pour
tout la basse-ariège.
Son héritier Fut son fils Roger-Bernard
Ier.
|