Roger II de Foix (1067 - 1124)
oger
II était le fils de Pierre, frère cadet
de Roger Ier de Foix. On se souvient que le Comté
du Couserans échut en son temps à Pierre.
Ainsi, Roger II réunissait à nouveau les
deux Comtés de Foix et Couserans.
1 - L'HERITAGE DU CARACASSES ET
DU RAZES
La mort sans postérité du Comte Roger
III de Carcassonne, vers 1067, aurait du entraîner
le retour automatique de tous ses domaines entre les
mains du Comtes de Foix, seule branche mâle subsistante.
Au moins pour la partie héritée du Comte
Roger le Vieux puisque celui-ci ordonnait dans son testament
de "substituer au dernier survivant, parmi les
enfants mâles, les biens de celui qui viendrait
à mourir sans enfants légitimes".
Il n'en fût rien ! Roger III de Carcassonne fit
de sa sur, Ermengarde (épouse du Vicomte
Raymond Trencavel de Narbonne), sa principale héritière
qui, pour se protéger des revendications Fuxéennes,
vendit, de 1067 à 1071, l'héritage à
Raymond Ier Béranger, Comte de Barcelone.
La part du feu Comte Roger Ier de Foix dans
les Comtés de Carcassonne et de Razès
subirent le même sort, spoliant ainsi le Comte
Roger II de Foix-Couserans. Nous ne savons si ce dernier
fît valoir immédiatement ses droits. Catel
affirme que le Comte de Foix aurait combattu Bernard-Aton
Trencavel, fils d'Ermengarde, devant le château
d'Arsens, et l'aurait mis en fuite. Or, aucun texte
ne le prouve.
Les Comtes de Toulouse étaient suzerains des
Comtes de Carcassonne et de Foix. Les Comtes de Barcelone
le devinrent ainsi à leurs tours. Mais comme
le remarque Claudine Pailhes, les Comtes de Carcassonne
et de Foix "semblent avoir agi dans leurs domaines
en toute souverai-neté" sans jamais
subir la volonté quelconque Toulousaine. Cela
devait durer jusqu'à la fin du XIe siècle.
2 - LE DEPART POUR LA CROISADE
Roger II s'était décider à partir
en Terre-Sainte . Il était donc nécessaire
de garantir la paix en son absence. Se voyant encore
sans postérité, Roger passa un accord,
le 21 avril 1095, avec Ermengarde et son fils. Il y
renonçait à tous ses droits sur les Comté
de Carcassonne et de Razès, sur les pays de Queille
et de Kerkob. En outre, il leur donnait en engagement
quelques villages, se procurant ainsi le financement
du voyage. Un sorte d'avenant fut passé le lendemain.
Roger II s'engageait à ne pas démembrer
ses domaines sans l'accord d'Ermengarde et de son fils.
De plus, ses enfants légitimes lui succèderaient
dans tous ses domaines avec les mêmes obligations
envers les Vicomtes Trencavel tandis que ceux-ci hériteraient
du Comte de Foix dans le cas contraire. Par la suite,
cet accord de mutuelle succession fut renouvelé
de part et d'autre. La paix régna entre les deux
Maisons et les Trencavel jouïrent tranquilement
des Comtés de Carcassonne et Razès en
n'en portant que le titre de Vicomte. Les Comtes de
Barcelone était bien trop occupé contre
les Almoravides (Musulmans) au sud de l'Espagne mais
également dans de sombres querelles fratricides
.
L'armée du Comte de Toulouse, Raimond IV de
Saint-Gilles, partit le 25 août 1096. Le Comte
de Foix aurait dû la rejoindre mais retardant
son départ ne se croisa jamais. Les chroniqueurs
ne mentionnent pas le nom de ce Comte et Terre-Sainte.
Nous ne possédons aucun éléments
dans ce sens et l'excommunication de Roger II semble
montrer l'exaspération de l'Eglise devant une
promesse non honorée. De plus, son second mariage
avec Stephania date de 1096 ou 1097, ce qui semble prouvait
encore que le Comte de Foix ne suivit pas le Comte de
Toulouse en Croisade.
Ainsi, Roger II fût excommunié par les
Papes Urbain II et Pascal II et le Cardinal Gautier,
Evêque d'Albano et Légat du Saint-Siège.
L'usurpation prétendue ou réelle de biens
d'Eglise a pu servir de prétexte mais le renoncement
à la parole donnée de partir à
la Croisade constitua vraisemblablement le détonateur
d'une si terrible sanction. Feint ou sincère,
le Comte de Foix se soumit aux exigence religieuses
en 1108 par la restitution des biens réclamés.
Doit-on affirmer que le Comte fît dès lors
preuve de zèle ? Il rétablit en 1111 l'Abbaye
de Saint-Volusien qui tombait en ruine, rendit la même
année des biens à l'Abbaye de Saint-Antonin
de Fredelas (Pamiers ), remit en 1121 à l'Abbaye
de Lézat son droit d'albergue sur Saint-Ybars
et devint son protecteur déclaré jusqu'à
son décès entre le mois de mars 1121 et
le 31 mars 1125. Il avait entre-temps fait élever
une seconde tour en son château de Foix, celle
dite "pointue" car munie d'un toit pentu et
d'un clocheton.
Lui succéda son fils Roger
III.
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