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Les Carolingiens

Le système successoral de partage en autant de part que d'enfants ne pouvait que détruire le pouvoir des rois Mérovingiens. Et semer la zizanie. Partager à l'infini diminuait sans cesse les revenus. Le moyen le plus simple d'y remédier était de s'accaparer la part du voisin, au besoin par la force. Peu importait les liens de parentés. C'est ce qui se passa bien que parfois il y eut le retour de toutes les possessions entre une seule personne. Cependant le déclin était irrémédiable. Avec l'insécurité (guerres de familles mérovingienne, pillards, invasions), la royauté perdait de son prestige et l'Eglise prenait à son compte un partie des charges qui incombaient auparavant aux laïques tandis que les cités se muraient. Ce fut tout cela qui permit aux Maires de Palais, ces chefs de domestiques, de prendre lentement mais sûrement le pouvoir royal réel. La plus puissante de ces familles était celle des Pépinides (futurs Carolingiens). Parallèlement, Eudes, Duc d'Aquitaine, descendant de Clovis, était théoriquement soumis au Roi des Francs Childebert, ou plutôt à son représentant Pépin de Herstal, Maire de Palais, qui détenait la réalité du pouvoir royal.

En 711, la mort du roi n'apporta aucun changements à la fortune de Pépin de Herstal qui gouvernait désormais pour Dagobert âgé de 12 ans. En 714, au décès de Pépin de Herstal, son fils Charles (Karl plus tard surnommé Martel, après la Victoire de Poitiers contre les Maures) fut reconnu comme Duc d'Austrasie et s'empara du gouvernement du Royaume sans oser cependant prendre le titre de Roi. Chilpéric, Roi Mérovingiens de Neustrie, lutta alors contre ce nouveau Duc d'Austrasie. Les ambitions de Charles Martel étaient sans doute trop visibles. Les combats furent vains pour les Neustriens.

Chilpéric II demanda donc l'alliance du Duc Eudes. Devant les vues expansionnistes de Charles Martel, après la promesse par Chilpéric II de la souveraineté sur toute la Gascogne et l'Aquitaine, Eudes accepta. Les Mérovingiens n'avaient plus rien à perdre. Informé, Charles Martel pris les devants et mis en fuite les troupes d'Eudes et de Chilpéric, entre Senlis et Soissons, près de Néry, le 14 octobre 719. Eudes fit alors la paix avec son vainqueur en trahissant et lui livrant Chilpéric II contre sa reconnaissance de le considérer comme duc et prince, c'est-à-dire chef héréditaire et autonome. Fin politique, afin de gagner la confiance des Neustriens, Charles Martel reconnut Chilpéric II en tant que Roi qu'il remplaça à sa mort (721) par Thierry IV, fils de Dagobert III. Cela n'empêcha pas à Charles Martel d'agresser durement Eudes, en 731, par deux fois, en ravageant toute l'Aquitaine, alors que ce dernier se démenait comme un beau diable contre les envahisseurs musulmans . Ainsi, Charles Martel n'honorait point ses alliances si cela lui permettait de soumettre à sa volonté toutes les provinces. La Religion était loin d'être un ciment contre des pillards islamiques ; seul comptait le profit matériel ! Par la suite, la très célèbre victoire Franque de Poitiers (octobre 732) devait agrandir le prestige de Charles Martel. Or, il nous semble que cette attribution de victoire est disproportionnée car il fallut que les Sarrasins parvinssent dans les terres administrées par Charles Martel pour qu'il marcha contre eux alors que le Duc Eudes se battait depuis treize ans contre ces pillards.

Successeur d'Eudes en 735, Hunald (ou Hunaud) étendit son autorité de Duc d'Aquitaine et de Gascogne sur le Toulousain, l'Albigeois, le Gévaudan, le Velay et l'Uzès, outre la Gascogne. Charles Martel déclara alors la guerre à Hunald pour le contraindre à le reconnaître comme souverain. L'agresseur fut obligé, en 736, de faire la paix, devant la farouche résistance des Aquitains. Charles Martel reconnaissait le Duc en tant que tel " à condition qu'il tiendrait ses Etats à foi et hommage de lui [Charles Martel], de Carloman et de Pépin, ses enfants. " Le Roi Thierry IV n'apparaissait pas dans cet acte, ce qui démontre déjà où était réellement le pouvoir royal mais aussi les ambitions de Charles Martel. Crainte ou impuissance, Hunald ratifia ce traité et prêta serment au Maire de Palais. En 741, au déçès de Charles Martel, Hunald refusa de rendre hommage à ses enfants qui lui déclarèrent la guerre en 742. Le Duc dut aller se réfugier en Gascogne puis chez Odilon, Duc de Bavière, qui refusait aussi de reconnaître l'autorité des deux Carolingiens. Finalement, effrayé, le Duc d'Aquitaine se rendit et prêta serment au printemps 745. Par la suite, il abdiqua en faveur de son fils Waïfre et s'en alla revêtir l'habit de moine dans l'île de Ré.

Ce fut en 751 que Pépin devint définitivement Roi des Francs.

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