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La conquête romaine

1 - ROME ET CARTHAGE

Un duel à mort s'était engagé entre Rome et Carthage, colonie phénicienne d'Afrique du Nord (près de l'actuelle Tunis) car Rome convoitait la Sicile qu'elle gagna sur les Carthaginois après la Première Guerre Punique (264 à 241 av J.C.). Puis Rome conquis la Corse et la Sardaigne tandis que Carthage fondait en Espagne un empire pour se pourvoir en argent, en fer et en soldats afin de prendre sa revanche contre sa rivale. La Seconde Guerre Punique débuta en (-)219 par la prise d'une cité ibérique alliée à Rome. Puis Hannibal, général carthaginois de l'armée ibérique, porta la guerre en Italie même où il espérait le soulèvement des Gaulois cisalpins et des Italiotes. Passant par les Pyrénées, la côte méditerranéenne, le Rhône et les Alpes, il infligea un échec aux Romains en (-)218, par deux fois. Les Gaulois cisalpins, fraîchement soumis à Rome, passèrent massivement dans le camps carthaginois. Après plusieurs victoires foudroyantes d'Hannibal, Rome repris l'offensive et attaqua directement Carthage en (-) 202, qui dut accepter de très dures conditions de paix. Mais Rome ayant encore peur de sa rivale, débuta la Troisième Guerre Punique en (-)146 tandis que les Carthaginois se soulevaient. Carthage fût prise et détruite. La conquête de la péninsule ibérique commença alors qu'Hannibal se trouvait encore en Italie.

2 - LA CONQUETE

Les Romains installés en Espagne, leurs communications avec l'Italie se firent exclusivement par mer : d'où l'importance primordiale de l'alliance avec Massilia (Marseille), colonie grecque. Ce fût pour venir en aide à cet allié menacé que Rome entra dans l'Histoire de la Gaule. Alliée fidèle des Romains, Massilia les aidait à surveiller la région et leurs fournissait d'excellents prétexte pour intervenir au moindre incident provoqué par les Celto-Ligures. La revanche contre la volte-face gauloise dans les Guerres Puniques joua certainement.

En (-)154, Rome Intervint une première fois à la demande des Massiliotes contre les Ligures puis une seconde fois en (-)125. Entremont fût pris et détruit en (-)124 ; un camps fortifié romain fût installé à coté, Aquae Sextiae (Aix-en-Provence). Les Romains s'installèrent. Le conflit avec les Celtes devenait inévitable d'autant que les Arvernes rayonnaient efficacement dans le sud-est. Leur Roi, Bituit, fût vaincu en (-)121 à Bollène. En (-)120, la province de la Gaule transalpine fût fondée avec Narbonne, créée pour la circonstance, comme capitale à compter de (-)118. Les Romains construisirent une route reliant l'Espagne à l'Italie dès (-)120, afin de mieux contrôler cette région. En (-)117, le territoire conquis allait jusqu'à la Garonne et aux Pyrénées.

La Province Romaine fût exploitée de façon colonialiste avec en contrepartie un ordre et une paix qui favorisèrent le développement économique.

Contrairement aux gouverneurs précédent qui n'intervenaient pas en dehors de la Province, César profita des querelles gauloises et de la menace des Suèves pour soumettre tous les Celtes. En (-)59 ; César se porta au secours des Eduens, qui le réclamaient, menacés par les Helvètes (dont la migration était provoquée par un autre grand mouvement germanique). Mis en appétit, César résolut de conquérir toute la Gaule, ce qui fût réalisé en deux ans. Des révoltes éclatèrent, dont la plus célèbre celle de Vercingétorix en (-)52, d'abord victorieux à Gergovie puis vaincu à Alésia. En (-)51, toute la Gaule était pacifiée.

Après sa conquête, César partagea la Gaule en trois peuples : les Aquitains entre Pyrénées et Garonne ; les Belges entre Rhin, Marne et Seine ; les Celtes dans le pays intermédiaire. L'ancienne Province Romaine disparaissait au profit du nouvel assemblage où chaque province était dirigée par un gouverneur choisi par le Sénat. Les habitants étaient tenus au service militaire et à des impôts en argent et en nature.

3 - L'EMPIRE ROMAIN
A - LA PAIX ROMAINE

Dans son ensemble, la Gaule retrouva sa prospérité. Les agglomérations se déplacèrent ; les oppidums furent abandonnés au profit des sites de vallée. Le Latin supplanta la langue gauloise, surtout dans le commerce et la politique, mais subsista par îlots. Le défrichement s'amplifia. De grandes villae entourées de vastes terres s'installèrent dans les plaines et allaient donner plus tard naissance à bon nombre de villages. La production de blé augmenta, d'abord en Narbonnaise (rétablie en (-)27 par Auguste) puis dans toute la Gaule. Le réseau de routes romaines facilita la pacification mais aussi les échanges.

B - LE MOYEN EMPIRE

Cependant, le temps de la grande Paix Romaine prenait fin. Attirés par les richesses de l'Empire, les Peuples Germaniques, les Barbares d'au-delà du Rhin, se pressaient devant les frontières. Ainsi, annonciateurs des futures Grandes Invasions, sous Marc Aurèle (161 - 180), les Barbares enfoncèrent les défenses de l'Empire et semèrent le désordre. En ce temps là, l'armée était minée par l'anarchie politique ; aussi, les défenseurs de l'Empire succombèrent sous la pression Barbare et la longueur des frontières à tenir. Par deux fois, en 258 et 275, Alamans et Francs traversèrent la Gaule, les Pyrénées, pour finalement ravager une partie de l'Espagne.

Après ces malheurs et devant l'insécurité, les cités s'enfermèrent derrière des murailles hâtivement construites et n'occupèrent plus que le minimum de surface nécessaire. Les voies de communication ne furent plus sures. Le taux de population baissa. La crise s'installa. De 258 à 273, ce fût l'intermède de l'Empire Gaulois. Postumus en fût déclaré Empereur par ses soldats du Rhin mais, après son assassinat en 268, ses successeurs se révélèrent incapable de maintenir cet Empire Gaulois et Aurélien, Empereur de Rome, put enfin mâter cette rébellion.

Au IVe siècle, la Gaule connut un renouveau économique. Les grands propriétaires vivaient au milieu de leurs villae fortifiées et étaient déjà des chefs locaux qui assuraient la protection des populations avoisinantes. Car le danger était malgré tout encore présent avec la circulation de groupes de hors-la-loi (les Bagaudes) qui terrorisaient les campagnes.

4 - LA CHUTE DE L'EMPIRE

Le Ve siècle vit l'agonie de l'Empire Romain. Sur des frontières trop longues, avec une pression Barbare décuplée, les Romains, affaiblis par la dépopulation, ouvrirent l'Empire aux tribus Barbares en leurs demandant de s'y établir comme soldat, colon ou ouvrier. Souvent loyaux, ils reçurent de hautes charges. Or ces Barbares fédérés devaient défendre l'Empire contre d'autres Barbares !

Devant une pression si phénoménale, les défenses finirent par céder. Tous ces envahisseurs fuyaient en fait devant un autre peuple qui inspirait une terreur panique, les Huns. En 406, les Vandales ravagèrent toutes les régions situées entre les Alpes et les Pyrénées. Ils se heurtèrent alors aux peuples pyrénéens qui les repoussèrent vers le nord. Les Vandales ne réussirent finalement la traversée des Pyrénées qu'au bout de deux ans de ravages, de pillages et destructions du sud de la Gaule. En 413, ce fut le tour des Wisigoths qui prirent Narbonne et Toulouse puis furent chassés vers l'Espagne. Tenaces, ils revinrent dans le sud de la Gaule. Peu après l'Empereur Honorius leurs donna le droit, par le Traité de 418, de s'établir dans le sud-ouest de la Gaule entre la Garonne et les Pyrénées, avec Toulouse pour Capitale. Officiellement peuple fédéré, ils étaient au service de l'Empereur. Dans la réalité, ce fût le premier royaume germanique fondé dans l'Empire Romain. Par la suite, les Wisigoths, encore instables pendant quelques années, réussirent à agrandir leur royaume pour occuper près de la moitié de la Gaule.

Désormais, l'Empire Romain morcelé, décomposé, les Empereurs n'avaient plus de pouvoirs réels. En 476, le dernier Empereur, Romulus Augustule, disparaissait détrôné par un Barbare, Odoacre.

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